{Le deuil périnatal, pour qui ?}

Hier, 15 octobre 2017 était le jour du deuil périnatal. Qu’est ce exactement me deuil périnatal ?
C’est le deuil que font les parents suite à la perte d’un (ou plusieurs) enfant(s) lors de la grossesse, de l’accouchement ou dans sa première année.

Une date que les parents ayant perdu un enfant aimerait oublier, une date particulière qui chaque année ramène ces douloureux souvenirs. 

Ma date à moi c’est aujourd’hui, le 16 octobre
Il y a 2 ans, ce 16 octobre, je me rendais à l’hôpital passer la première échographie officielle de ma 3ème grossesse.
Il y a 2 ans, ce 16 octobre, j’ai vu son petit corps, sa petite tête, ses bras et ses jambes, la sur cet écran en noir et blanc. 

Malheureusement, il y a 2 ans, ce 16 octobre j’ai appris que le cœur de mon bébé s’était arrêté de battre. Je t’épargne tous les détails de la douleur, de l’incompréhension, des questions et de mes larmes.
Il y a 2 ans, ce 16 octobre, j’ai surtout du annoncer à mes 2 grandes que le bébé que je portais ne verrai pas le jour, car il était malade et que malheureusement son petit cœur ne battait plus. 

J’ai entendu tellement de choses…
« oh à peine 3 mois de grossesse… Mais c’est juste une fausse couche »
« vaut mieux maintenant que plus tard »
« tu es jeune tu vas en refaire un »
« tu sais ça arrive aussi à d’autres femmes »…
Et j’en passe.

Toutes ces réflexions, je les aies vomies une à une…

Évidemment je ne suis pas là seule femme à qui c’est arrivé.
Oui il est peut-être plus facile à gérer cette douleur au début de grossesse que de mettre au monde un bébé sans vie.
Oui j’ai refais un bébé. 

Bien sûr que oui la vie continue.

Mais bordel si vous saviez cette douleur qui me hante encore et encore.
Cette culpabilité qui me ronge tant et tant.
Cette image sans vie, là devant mes yeux…
Alors oui je n’étais enceinte que de presque 3 mois mais j’ai moi aussi perdu un bébé. Que les choses soient dites une fois pour toutes. 

Ce 15 octobre, jour de deuil périnatal je n’ai rien dit, rien écrit, car je ne me sentais pas le droit de faire partie de ces par’anges.
Parce que j’imagine qu’on ne m’aurait pas donné ce droit, face à des mamans qui ont certainement vécu pire que moi.
Alors je n’ai rien dit. 

J’ai pleuré en silence, en repensant à ces terribles jours que j’ai vécu il y a maintenant 2 ans.
J’ai rejoué en boucle chaque scène, j’ai repris chaque moment, j’ai ressenti cette immense douleur tant morale que physique.
J’ai pleuré seule avec moi-même car j’ai estimé que cette journée ne me concernait pas.
Mais pourquoi ?
Parce que simplement je n’en reparle jamais, les gens pensent que parce que je n’étais enceinte que de presque 3 mois, c’est du passé, que je suis passée à autre chose, que « ce n’est rien… »

J’estime que le deuil périnatal est pour tous ces par’anges qui ont vécu le pire.
Pour tous ces par’anges qui ont une date douloureuse.
Pour tous par’anges qui, peu importe le le moment (début de grossesse, fin de grossesse, après la naissance), ont perdu un enfant. 

Il y a 2 ans, ce 16 octobre, j’apprenais que le cœur de mon bébé s’était arrêté, à presque 3 mois de grossesse.
Aujourd’hui j’avance, évidemment.
Je vais mieux, même bien mieux en fait, j’avance, je comprends, j’accepte ; même s’il reste des traces indélébiles dans mon cœur.
Je vais bien mieux, mais je n’ai jamais oublié, ni les images, ni les mots, ni la douleur.
Aujourd’hui, je le dis, la journée du deuil périnatal nous concerne aussi, mon mari et moi.
Je parle aussi de mon mari car il est évident que nous avons tout vécu ensemble!

A vous tous, par’anges, n’ayez pas honte d’avoir du chagrin, votre douleur est légitime ♥️

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *