{Avoir peur mais devoir les laisser vivre}

Audrey Hepburn disait :
« Le plus difficile dans la maternité, c’est cette inquiétude intérieure que l’on ne peut pas montrer »

Cette phrase, je ne la connaissais pas avant de devenir maman.
Cette phrase, je l’ai comprise une fois devenue maman.
Dans la vie, je suis une grande peureuse. On peut penser à ces différentes petites bêtes qui me terrifient, ou encore à mes petites phobies, comme prendre la route sous la neige ou encore la pluie.
Mais j’ai surtout peur de ce qui pourrait arriver à mes proches, à ma famille, mes amis… mes enfants.
Depuis que je suis devenue maman, cette peur s’est accentuée.
Bébé, j’avais peur qu’elles ne respirent pas.
En grandissant, qu’elles ont commencé à explorer le monde qui les entoure, j’ai eu peur qu’elles se fasse mal -je suis dans cette période avec Théa.

Monter & descendre du canapé seule c’est son jeu favori du moment, et mon cœur se décroche à chaque fois.
Dès que la fièvre apparaît, je prie pour que ce ne soit qu’un simple rhume.
Est arrivé l’école maternelle, la cours de récréation, les courses avec les copains, les genoux écorchés, les premiers gros bobos.
Là j’ai eu peur qu’on leur fasse du mal.
L’école primaire, ses minis ados, et les premiers bobos émotionnels.
On sait tous combien les enfants sont sans filtres et vraiment pas tendres les uns envers les autres.
les premiers chagrins d’amitié, et d’amour.
A chacune de ces étapes, mes peurs étaient là, bien présentes.

Comme l’a dit Audrey Hepburn, on ne peut pas toujours les montrer.
Je l’ai vite compris avec une petite Lina déjà pleine d’angoisses.
Même plus, n’ayant pas confiance en elle, j’ai du lui apprendre à se faire confiance, et à voir ce dont elle est capable.
Pour ça, il a fallu que je passe au-delà de mes propres peurs.
Autant te dire que c’est loin d’être chose facile.
C’est vrai, on entend tant de choses horribles. Autour de nous, aux informations.
Et là, je ne peux pas me dire « ça n’arrive qu’aux autres ».
Parce que non, ces agressions, ces fous, nous entourent, malgré nous.
Alors comme je ne peux pas toujours être avec mes filles, et bien j’essaie de les protéger du mieux que je peux.
On leur a expliqué que toutes les personnes ne sont pas bienveillantes, avec le fameux « il ne faut pas parler aux inconnus »
Lina a bien compris ce qui s’est passé avec la petite Maëlys ces derniers mois. Alors on lui a dit, expliqué que oui cela peut arriver, et que même s’il ne faut pas vivre dans la peur, il faut toujours faire attention.
Ne pas rester seule, ne pas répondre à un inconnu, ne jamais monter en voiture avec quelqu’un -sauf si papa & maman ont donné l’autorisation.
Mais c’est compliqué de leur expliquer tout cela quand ils sont l’innocence incarnée ou encore sans les apeurer.

L’année dernière, alors que j’étais encore en congé parental, Lina nous a demandé à remonter seule de son école jusqu’à l’école maternelle où elle nous rejoint.
Nous en avons discuté. Comment savoir si à 8 ans ce n’est pas trop jeune ? Et si on lui refuse, est-ce que c’est vraiment justifié ?
Alors on lui explique qu’on lui fait confiance, qu’on accepte qu’elle fasse ce chemin (avec 2 de nos petits voisins), mais qu’elle ne doit parler à personne, toujours rester sur le trottoir, et ne pas traîner.
Comment te dire que les premières fois, je n’étais vraiment pas bien. Angoissée et aussi pleine de culpabilité. S’il lui arrive quelque chose ?
On prend donc sur soi, et même si  c’est difficile, je ne peux malheureusement rien empêcher.
On explique & on prévient.
On les laisse vivre simplement.
Depuis quelques jours, elle va à l’école seule (toujours avec les petits voisins), et quand je vois la fierté dans ses yeux, je sais que nous avons raison, que nous avons fait le bon choix.
Je rappelle tous les matins les règles. J’explique, encore & encore.
Je passe pour cette mère louve, un peu trop maternante, voir chiante, mais je sais qu’un jour elle comprendra.

Quand arrivera le tour de Maély, je sais que je serai tout aussi angoissée, mais je sais aussi que oui il faudra que je lui fasse confiance.
Elle est un peu plus intrépide que Lina, alors mes craintes seront peut-être différentes. Mais je suis rodée, je saurai quoi lui dire.

Depuis qu’elles sont nées, je vis (on vit) dans l’angoisse, cette inquiétude permanente. Qui grandit en même temps qu’elles.
Mais je ne dois pas laisser cette inquiétude me submerger.
Je me dois de les rassurer, de les aider à avancer.
Je me dois de les laisser vivre, aussi sereinement que possible.

Et toi? Tu angoisses aussi? Tu as peur pour tes enfants?
Bisous bisous

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